De nous, jours la comptabilité nationale ne prend pas encore véritablement en compte le capital naturel. En réalité, les indicateurs macroéconomiques courants du progrès tels que définis ne tiennent compte que des profits tirés des ressources naturelles et de l’environnement. La question de sa dépréciation pour diverses raisons est pour l’heure ignorée. En termes de décisions politiques pour le développement, cette situation constitue un frein important.
L’école d’été sur la pratique de la comptabilité écosystémique à laquelle a participé le GRAAD du 08 au 23 août dernier à Montréal (UQAM), vise à inverser cette tendance. Il s’agissait de donner aux participants les clés de démarrage pour établir les bases d’une comptabilité biophysique géo-référencée du capital naturel.
En résumé, après l’ouverture officielle de l’Ecole, les travaux se sont déroulés sur deux semaines et il y était question de partages d’expérience, alternés par des leçons théoriques au cours desquelles la notion de la Comptabilité Écosystémique du Capital Naturel (CECN) a été introduite et largement développée ; des phases pratiques à travers des sorties terrain suivi d’un atelier au cours duquel fut élaborée une feuille de route en guise de la préparation du projet régional de la CECN.
Ce projet initié vise à lancer la production des premiers comptes écosystémiques dans les pays partenaires et à maintenir une dynamique de la pratique de la CECN devant aboutir à terme à une intégration réelle du capital naturel dans la comptabilité nationale.
Pour le GRAAD, la volonté politique affichée avec l’adoption récente du Plan National de Développement Economique et Social, certaines expériences pouvant être capitalisées, les importantes bases de données spatiales, etc. constituent autant d’atouts dont dispose le Burkina Faso pour le démarrage de la CECN.
A titre de Suggestions, pour la réussite du projet régional, le GRAAD a proposé que la recherche et les structures de formation soient impliquées dès le départ de telle sorte à contribuer à assurer la durabilité des actions entreprises à travers l’adaptation progressive des outils (innovation) et la formation continue (des jeunes) pour assurer la relève.
Jeanne d’Arc Dah
Stagiaire au GRAAD