Le GRAAD Burkina publie la septième note politique de la recherche EAUtonomy. Elle montre que l’accès à l’eau dépend autant de la gouvernance locale que des infrastructures.
Au Burkina Faso, le taux d’accès à l’eau en milieu rural est passé de 47 % en 2000 à 76 % en 2020 (DGRE, 2021). Pourtant, les femmes et les filles consacrent jusqu’à 6 heures par jour aux tâches liées à l’eau et à l’assainissement (WASH), contre 10 à 15 minutes pour les hommes.
Fondée sur huit groupes de discussion menés à Bissiga, Kaya, Koudougou et Poa, la note identifie trois mécanismes de capture de la gouvernance WASH par les hommes : les us et coutumes, les cultures et traditions, et le droit privé. Résultats : des forages implantés à des emplacements sous-optimaux, un accès conditionné par des logiques marchandes et des femmes écartées des décisions, parfois jusqu’à l’autocensure.
À retenir :
- Intégrer les femmes et les filles dans les instances de décision WASH conditionne l’efficacité et la durabilité des investissements.
- Les infrastructures sont nécessaires mais insuffisantes : elles doivent s’accompagner d’une réforme de la gouvernance locale.
- La représentation formelle ne suffit pas : il faut garantir un pouvoir décisionnel effectif aux femmes et aux filles.
La note formule des recommandations différenciées pour les bailleurs, les gouvernements, les collectivités, les ONG et les communautés.