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Développer la culture d’entreprise pour réduire le chômage des jeunes diplômés

Développer la culture d’entreprise pour réduire le chômage des jeunes diplômés

Pour le chômage des jeunes diplômés peine à baisser ?

Au cours de la dernière décennie, le Burkina Faso a déployé d’importants efforts pour résorber l’inquiétante proportion des jeunes au chômage et ses tendances. Dans ce sens, les actions les plus importantes menées à retenir sont :

  • l’organisation des assises nationales de la jeunesse en mai 2015 à Gaoua,
  • l’élaboration et la mise en œuvre de la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD 2011‐2015) en remplacement du CSLP,
  • l’élaboration et la mise en œuvre, à partir de 2008, de la Politique nationale de l’emploi (PNE) et de la Politique nationale de la jeunesse (PNJ, 2015-2024)
  • la mise en œuvre, en février 2012, du Programme spécial de création de 54 209 emplois à l’horizon 2014 afin de réduire le chômage à 1%,
  • la mise en place du cadre stratégique de promotion de l’emploi et de la formation professionnelle pendant la période 2001‐2005,
  • (5) la création de plusieurs fonds tels que le Fonds d’appui aux initiatives des jeunes (FAIJ), le Fonds d’insertion des jeunes (FIJ), le Fonds d’investissement local d’appui aux jeunes (FILAJ) et biens d’autres fonds destinés à la promotion de l’emploi des jeunes et des femmes,
  • l’élaboration dans les treize régions du Burkina Faso des Stratégies régionales de l’emploi (SRE) assorties de Plan d’actions 2012‐2014.

Malheureusement, en dépit de ces efforts, un écart important persiste entre la création d’emplois et la demande, notamment pour les jeunes diplômés. Pourquoi ?

  1. En termes de valeur ajoutée, le secteur des services dont principalement le commerce et la téléphonie est aujourd’hui le premier secteur d’activité de l’économie burkinabè. Or, le commerce dans son ensemble est principalement informel. Par ailleurs, dans le secteur formel, les entreprises sont créées et gérées par une génération de riches analphabètes qui ne veulent pas recruter les cadres de commerce et gestion économique formés à cet effet. Ensuite, la gestion mise en place est souvent de type familial. « Si votre père n’est pas commerçant, vous ne pouvez pas être boutiquier»

Du coup, ces jeunes cadres arrivent sur le marché du travail sans débouchés réels et doivent tenter leur chance dans l’auto-emploi prôné justement aujourd’hui. Ce qui est quasiment impossible compte tenu du manque de moyens financiers. Dans ce sens, l’Etat a mis en place des Fonds d’appui comme mentionné plus haut. Seulement, avec les garanties demandées, le jeune se retrouve toujours face au même problème de financement. En définitive, les cadres formés pour le domaine restent en marge de ce créneau de marché du travail pendant longtemps.

  1. Considérant toujours la valeur ajoutée, le secteur primaire vient en seconde position dans l’économie du Burkina Faso. Il occupe 80% des actifs et on note qu’environ 80 % des travailleurs dépendent de la production agricole ; seuls 5 % des travailleurs sont salariés dans le secteur formel (public ou privé) (BAD, 2012)[1].

Malheureusement, malgré les efforts de modernisation du secteur et la promotion de l’agrobusiness, il reste marqué essentiellement par des techniques d’exploitation dans une large mesure traditionnelle. Aujourd’hui, on voit mal des cadres formés retournés à ce type d’exploitation. Avec la formation acquise, ils auraient pu s’installer à leur propre compte en tant que businessman agricole. Seulement, deux problèmes se posent de manière récurrente. Le premier est la question du financement déjà évoqué plus haut. Le deuxième est relatif à la question de l’accès à la terre qui est encore aujourd’hui un grand problème pour la jeunesse africaine de manière générale. En définitive, ce secteur se revêt lui aussi peu capable d’absorber les jeunes cadres dont les besoins en matière de d’emploi et de travail sont décalés par rapport aux possibilités existantes.

  1. Enfin, le secteur secondaire qui est le domaine de l’industrie devrait être un des secteurs clefs de l’emploi des jeunes diplômés. Dans le cas burkinabè, le dynamisme de ce secteur est essentiellement lié au boum minier actuel. Le sous-secteur de la manufacture connait d’énormes difficultés.

A titre d’exemple, la contribution de ce secteur est passée de 16,33% en 2000 à 6,73% en 2011 soit une baisse d’environ 10 points de pourcentage. Ce secteur voit ainsi sa contribution au PIB se diviser par 3 (DGI[2], 2012).

En ce qui concerne la part dans les exportations de marchandises, la même tendance est enregistrée. A titre indicatif, elle est passée de 18,46% à 8,29% respectivement entre 2002 et 2011, soit une perte de plus de 10 points de pourcentage en l’espace de 10 ans. Avec ces tendances, l’ONUDI/CNUCED (2011) classe le Burkina Faso parmi les dits “pays en retard” sur le plan industriel. Comment un tel secteur peut-il absorber les nombreux jeunes diplômés qui sortent des écoles de formation ?

Aujourd’hui, le secteur industriel dans son ensemble couvre à peine 10% de l’offre totale d’emploi au Burkina Faso. En dehors de ces faits, le secteur est aussi marqué par de gestion de type familial. Situation qui complique l’accès au marché du travail à ceux qui n’ont pas de “bras long”.

Quelques suggestions pour atténuer le phénomène au regard des constats faits :

  • introduire dès le secondaire des modules de culture d’entreprise en mettant l’accent sur la formation professionnelle de type court et opérationnel au regard des besoins de l’économie,
  • accroitre le volume des financements des Fonds existants pour mieux financer l’entreprenariat tout en facilitant leurs accès,
  • dans les actions de subvention ou d’appui et de financement, cibler les secteurs ou branches d’activités économiques ayant les effets emploi les plus élevés

[1]BAD (2012) BURKINA FASO DOCUMENT DE STRATÉGIE PAYS 2012-2016, BAD

[2] Base de données de la Direction générale de l’industrie, Burkina Faso

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